Publié le 1 octobre 2020 par Marseille Tourisme

Septembre 1870- septembre 2020. La Bonne Mère a 150 ans, du moins sous sa forme actuelle, mais cela fait bien plus longtemps qu'elle veille sur nous du haut de son rocher. Tour à tour vigie, fortin, chapelle, le site est utilisé dés la fondation de la cité. Découvrez l'étonnante histoire de la basilique de Notre Dame de la Garde, étroitement liée à la ville de Marseille.

On ne présente plus la Bonne Mère. Que vous soyez touriste, marseillais, même dans le monde entier, tout le monde la connaît. Visible de toute la ville, c'est également le monument le plus visité de Marseille. Notre Dame est historiquement la gardienne des marins, des pêcheurs, et des marseillais. La « Vierge de la Garde », comme on la nomme à Marseille, était celle que l'on venait prier avant de partir en mer, ou que l'on venait remercier après avoir survécu à un naufrage. Comme en attestent les nombreux ex-voto qui ornent l'intérieur de la basilique. 
Mais comment tout cela a t-il commencé ? 


 
Le rocher de la Garde


Dés la fondation de la cité phocéenne, cette colline a été utilisée. C'est en effet le plus haut sommet de Marseille, culminant à 150 mètres de hauteur. Une position estimable car à seulement 1 kilomètre à vol d'oiseau du port, et suffisamment élevé pour pouvoir surveiller toute la rade de Marseille. Le site était donc naturellement utilisé par les grecs et les romains. Très vite, la vigie est incorporée a un réseau de surveillance des côtes. 
Du haut du rocher de la Garde on annonce à la ville dés qu'un bateau est en vue. Un système de drapeau permet d'identifier de quel type de navire il s'agit, barbaresque, anglais, français.. etc.

 

La Dévotion à Marie


Au XIII e siècle, un curé des Accoules nommé Pierre Oblat veut créer un lieu totalement dédié à la Vierge Marie. Le terrain de la colline appartenait alors à l'Abbaye. Les moines acceptent de céder le terrain. Un appel est don est lancé pour financer la construction. Très vite, les dons affluent. La dévotion populaire est immédiate. Dés les origines, les ex-voto sont présents. En 1477, la chapelle primitive est remplacée par une nouvelle. Celle-ci comporte des voûtes, et sera transformée lors de la construction du fort en 1525. La vocation de Notre Dame de la Garde était née. Les marseillais, et les voyageurs, se pressaient sur les flancs escarpées de la colline. On montait à Notre Dame de la Garde avant de partir en mer, ou en pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle. Il n'était pas rare de croiser les marins qui pris dans une terrible tempête avaient tous faits le serment de se rendre à Notre Dame de la Garde si ils survivaient. Ceux-ci venaient avec la reconstitution miniature de leur bateau qu'ils offraient en ex-voto.Vers le milieu du XV e siècle la dévotion à Marie a tellement grandi dans le cœur des marseillais que la chapelle initiale, construite 200 ans plus tôt, est devenue trop étroite. Il a fallu agrandir. Dés les origines, les écrits mentionnent une statue de la vierge à l'enfant, d'abord en bois, il y en a eu plusieurs.


La construction d'un fort et d'une église


  En 1515, François 1er de retour de sa victoire à Marignan s'arrête à Marseille et entreprend de visiter Notre Dame de la Garde. A cette occasion on fit tirer l'artillerie de tous les navires de guerre. Pour divertir le roi, il fut organisé un combat à coups d'oranges, auquel François 1er a participé en personne, faisant même de « forts beaux coups en ayant reçu quelques uns à la tête et sur le corps ». La visite royale est un événement qui fait grandir la notoriété de Notre Dame de la Garde dans tout le royaume de France.
En 1524, la France est en guerre contre le connétable de Bourbon, et Marseille est directement menacée d'un siège maritime imminent.  La municipalité commence la construction d'un fort sur l'île d'If, ainsi qu'un autre sur la colline de la Garde. Le roi envoie même son conseiller aux fortifications afin qu'il prépare les défenses de la ville.
Les préparatifs furent un succès puisqu'en 1536 lorsque Charles Quint vient assiéger la ville, il est repoussé par des tirs d'artillerie particulièrement nourris. Marseille est sauvée, le rocher de la Garde compte maintenant un fort qui défend Marseille, mais qui sera également utilisé contre la ville.
L'église et le fort entame une cohabitation mouvementée. Le site présentant à la fois une grande valeur militaire et un fort intérêt religieux.

 

L'édification de la basilique moderne 


La basilique de Notre Dame de la Garde que nous connaissons tous est beaucoup plus récente. Le projet date de 1852, date à laquelle il fut confié à l'architecte Henri Esperandieu. C'est nîmois de naissance, de surcroît protestant, qui va concevoir un édifice religieux catholique à Marseille. Aiguillé par son mentor, Léon Vaudoyer (lui-même inspiré par la cathédrale de Venise et Sainte Sophie), le jeune Esperandieu se met au travail. En 1853, la première pierre est posée en compagnie de Mgr Mazenod. Esperandieu va mourir avant d'avoir pu voir la fin des travaux. Mais il a laissé une empreinte majeure dans l'architecture marseillaise, puisqu'il a participé à la construction de la cathédrale de la Major, du Palais Longchamp, du Palais du Pharo, et bien d'autres choses. Il est nommé en 1867, « architecte en chef de la Ville de Marseille ».
La construction de la basilique fut parsemée d'embûches et les travaux s'allongèrent dans le temps, à mesure que le budget était dépassé et que les fonds venaient à manquer. Financée par des souscriptions dans toutes les églises de la ville, l'édification de Notre Dame de la Garde s'est achevée réellement en 1899. Si l'année de sa consécration fut 1864, il a fallut attendre le 24 septembre 1870 pour voir la statue de la Bonne Mère trôner sur son piédestal surplombant Marseille, et veillant sur les marseillais et les voyageurs. 
Entre temps il y a même eu un « ascenseur » qui montait à Notre Dame de la Garde, (c'était avant le petit train des touristes). 
Hier comme aujourd'hui, la Bonne Mère accompagne la vie des marseillais. Même si la ferveur semble avoir laissé la place aux foules ininterrompues de touristes, elle continue de briller dans le cœur de tous les marseillais.